lundi 24 septembre 2012

Samedi 22 septembre



Après la pluie…
Pas tout à fait le beau temps, mais nette amélioration. Nous en avons profité pour expédier  les affaires courantes : courses et lessive. Pas de quoi en faire des tonnes!
Après-midi, sieste pour tout le monde, plus longue pour celui dont on a tu le nom hier!...
 
Vers 17H00, F s'est ébroué et a disparu dans les rues de Vila Porto pendant presque 2 heures. Il est revenu avec de merveilleuses  photos dont on vous livre 2 spécimens au hasard !
Soirée apéro très sympa sur Manu Atea qui s'est prolongée jusqu'à 23h45. Un moment, on se serait cru à une réunion du comité de rédaction de "Voici" : confidences sur les rencontres et la formation des couples. Les femmes n'en pouvaient plus… Cela nous a quand même permis d'approcher les subtilités de la langue québécoise. Mon "chomme" (prononcer t'chomme) est le pendant d'une "blonde". Mais le garçon peut aussi passer une soirée avec ses chommes sans pour autant risquer de passer une soirée prisée par DSK. En résumé, tranches de vie pour tronches de cake qui nous ont occupés presque trois heures. La vie sur les îles tourne vraiment au ralenti.

Vendredi 21 septembre

Fucky bloody Nadine !
La nuit a été mouvementée et arrosée... Merci Nadine !! 
La marina est inondée, l'eau de couleur marron véhicule des tas de détritus et déferle. Le filet d'eau du fond du port se transforme en torrent. Les catways et ponton n'échappent pas au flot, et un canot en travers du courant gîte et se remplit.
Une poignée de marins prennent "quelques risques" pour le vider et le monter sur le ponton.
Les cascades jaillissent de toutes parts, original, les plaques d'égout se soulèvent et c'est les pieds dans l'eau que JA et MJ prennent le chemin du bourg pour quelques courses.
 F attend une meilleure météo pour mettre le nez dehors... puis se met à la cuisine pour nous concocter un de ses plats favoris, un tajine de poisson avec le reste du thon. Hmm! On se régale ! Moito bom !
Après-midi dans le carré faute de pouvoir sortir. Il pleut et vente pendant des heures... F regrette sa décision du matin. On écrit, on dort, on bricole et la journée passe. Pis c'est l'heure de l'apéro. Nous sommes invités chez Titom, nos voisins suisses, Christa et Pascal. Ti punch, re ti-punch et re re... pour certain que je ne nommerai pas ! Ça titube sur le ponton au retour... Et ça ronfle vite fait, bien fait ! Boa noite...

samedi 22 septembre 2012

Jeudi 20 septembre


Visite de Santa Maria -bonus.

Le temps ne devrait se détériorer que cet après-midi. Profitons.
Cap au nord est. Sur la route, arrêt à la chapelle de Nossa Senhora de Fatima, ses 150 marches que nous n'avons pas le temps de monter à genoux (dommage), son chemin de croix en tableaux d'azulejos, et la statue kitch de la Vierge avec enfant et moutons.
Tout au bout de la route, Ponta do Norte. Nous empruntons plusieurs "routes" de terre avec plus ou moins de succès. Nouvelle route qui nous amène à une fabrique abandonnée dans laquelle est entreposé le foin. JA s'arrête opportunément avant une grande flaque d'eau qui n'apparaît pas très franche. Nous nous aventurons à pied en la contournant. 
L'argile rouge s'agglomère rapidement à nos chaussures. Ça colle et ça tache! Poursuivons jusqu'à des panoramas afin de rentabiliser notre investissement d'argile ou pour repousser le moment où nous devrons nous en débarrasser!
Passage à Santa Barbara, jolie petite bourgade où nous nous arrêtons boire un coup dans un bar avec la télévision à plein pot.
Encore une curiosité à voir que les Açoriens locaux ne semblent pas connaître; la Calçada dos Gigantes  près de Ribeira do Maloas (en dessous de São Lourenço). Le site se mérite car il faut déjà trouver le chemin qui y mène, puis continuer à pied et longer une falaise abrupte sans aucune protection. En France, ce site serait interdit au public par mesure de sécurité. Heureusement, de ces "'tuyaux d'orgue" de pierre volcanique avec le petit ruisseau qui s'écoule en cascade et la mer à perte de vue émane une impression de sérénité.
13H00 ; il est temps de profiter de la disponibilité de la voiture de location pour faire le plein d'eau minérale aux bateaux.
Repas de filet de bonite. Esta Bom!
Après-midi : Repos pour le chauffeur du jour et skipper avant l'ère Nadine. MJ semble trouver le programme à son goût.
Pour moi, flânerie et lecture à la terrasse du café du port. Ambiance de Fort Saganne face au désert marin. Les plongeurs qui participent au championnat national de photographie sous marine se prélassent en commentant sans doute leurs exploits de la matinée. Le capitaine du port semble se saouler de grandes envolées péremptoires avec ses voisins de table tout en fumant cigarette sur cigarette. Toutes ces voix participent d'un sabir incompréhensible qui me plonge dans un état de semi-inconscience. Est-ce la meilleure façon de se préparer à affronter Nadine, l'ennemie qu'on nous promet depuis plusieurs jours et qui prend un plaisir malin à jouer avec les nerfs de la petite troupe des pontons ? Ou est-ce cette maléfique qui cherche à nous endormir pour mieux nous assaillir ?
Pour évacuer la tension palpable sur tous les visages burinés, apéro chez les Rousse !

Mercredi 19 septembre 2012



A nous Santa Maria!
Pendant le petit déjeuner, MJ téléphone au loueur "Ilha do Flor" pour qu'il vienne conduire une voiture au port. Départ vers 10H00 avec les Rousse. Les femmes à l'arrière comme normal. François va devoir cohabiter, puisque nous n'avons pas trouvé de voiture avec 3 places avant !
Première direction : Praia, au sud. Réputée pour sa plage de sable blanc. Site mignonnet encore heureusement peu construit. Sable plutôt gris et vagues déferlantes (c'est vrai que Nadine veille!). Puis route dans la brume et la pluie près du Pico Alto (590m), sans compter le vent. Y'a mieux pour investir dans la pierre!…
Plus loin, nous découvrons la technique des agriculteurs de l'île pour faire sécher le maïs; épis liés les uns aux autres avec de la filasse provenant des tiges et placés sur une structure de pieux en bois. Très esthétique.
Arrivée à Ponto do Castelo à l'extrême sud-est de l'île. Site sauvage et grandiose avec le phare de Gonçalo Velho perché sur son piton que le gardien nous fera aimablement visiter, le poste d'observatoire des baleines et l'ancien port baleinier en contrebas. Vue également sur Maia que nous rejoindrons ensuite et les anciennes cultures de vignes étagées à flanc de falaises, repérables facilement aux nombreux murets de pierres de lave. Travail de titans ou d'esclaves, ou encore de galériens, forçats et autres déportés du continent ? Nous attendons vos suggestions. Il n'y a rien à gagner.
Arrêt pique-nique à Maia sur table face à la mer et café dans un snack où le patron est soulagé qu'on ne vienne pas déjeuner (il est 14h et il n'y a pas foule en ce moment). On "bobe" deux pêcheurs à la ligne dans les eaux tumultueuses du port ou justement, de l'abri précaire : butin de quelques dorades. Prolongeons jusqu'à une belle cascade. Beau coin. Gérard et Martine cueillent du raisin sur de vieux ceps à l'abandon ; pas mauvais.
Passage dans le hameau près de Santo Espérito où nous achetons à la coopérative des petits gâteaux, à la crème, à la noix de coco, aux amandes et miel. Délicieux et …roboratif.
Tout le long des routes, nous voyons de superbes fleurs roses. Les filles penchent pour des lys. Après recherche le lendemain sur internet, Martine trouvera qu'il s'agit précisément de lys belladone, encore appelé Amaryllis et qui pousse sur l'île de façon endémique.
Nous continuons le périple vers Sao Lourenço à l'est.
Dans la descente vers le bourg, les freins font un bruit caractéristique. Après vérification, les plaquettes ne sont plus qu'un ancien souvenir. Nous décidons de rendre la voiture au loueur et  d'en négocier une autre jusqu'à demain midi ; ce qui est fait sans difficulté. Nous rencontrons en cette occasion son épouse, une Açorienne très affairée puisqu'elle vient de marier sa fille ce week-end, et qui parle parfaitement le français. Elle nous explique qu'elle s'occupait du contrôle aérien sur Santa Maria, dont l'aéroport, construit à l'origine à des fins militaires, était une plaque tournante pour les avions devant se ravitailler pendant le traversée de l'Atlantique. La présence d'un important contingent français pendant de nombreuses années lui a permis de parfaire la langue apprise à l'école. Elle nous renseigne abondamment et… nous propose même de nous y emmener ultérieurement si on ne trouve pas… On va essayer d'être grands !

Direction plein nord. Nous quittons la capitale des Açores et JA se permet le luxe de griller le seul feu rouge de Santa Maria. Après s'être engagés dans des pistes incertaines, nous atteignons Barreiro de Faneca, petit désert d'argile rouge que nous traversons prudemment en voiture car le temps est à l'humidité. Manquerait plus qu'on appelle le loueur pour lui dire que nous sommes embourbés ! Super JA s'en sort magnifiquement sous les hourras (au moins en pensée) des passagers et route vers Baia dos Anjos.
Mais... Qu'est-ce que c'est ???...
Minute culturelle : c'est à Anjos, qu'en l'an 1493 de notre bonne ère chrétienne, Christophe Colomb se serait arrêté au retour de ses pérégrinations aux Amériques. Un mois de forte mer et des velléités de mutinerie de la part de son équipage l'ont conduit à la nécessité d'un mouillage de fortune. Euréka : si en plus de s'avitailler on emmenait tout ce petit monde se recueillir à la chapelle de Nossa Senhora pour éloigner les idées subversives. Ni une ni deux, bonne fille, la Vierge, arrange tout ça. Le chef se trouve conforté et les voilà tombant dans les bras les uns des autres. Mais c'était sans compter les autochtones qui voient dans ces gens de tristes pillards. Explications serrées auprès du gouverneur, et les marins peuvent enfin quitter les geôles pour rejoindre la Niña et le Portugal, en laissant en cadeau un magnifique tryptique de sa caravelle.
Maintenant, le petit Christophe est célèbre et l'île veut bien partager un peu de sa gloire!
Retour au XXIè siècle : MJ et François plongent dans une piscine d'eau de mer sur laquelle déferlent les vagues. Un grand bain pour l'éternité !
En attendant, ça creuse. Il est temps de s'enquérir d'un modeste estaminet. Bon dîner de poulpes et calamars au restaurante Os Marienses, du nom du club local de foot et à l'ambiance indéfinissable de télévision chère aux Açores.

vendredi 21 septembre 2012

Mardi 18 septembre 2012

Le thon, c'est bon ?
Contents d'être arrivés sur Santa Maria, nous passons une matinée tranquille sur Manu Atea pour nous déclarer à la capitainerie et gérer, gérer... pas grand chose en fait !
Après le repas, JA décide comme chaque jour de se reposer (à plus forte raison aujourd'hui car il a mal au dos !!), F et MJ partent faire un tour dans les environs. A commencer par l'office du tourisme de l'embarcadère du ferry pour prendre des renseignements sur les bus, taxis et randonnées sur l'île.
Un petit tour sur la colline qui domine la marina à l'est, départ d'une rando vers Praia mais nous ne sommes pas chaussés correctement pour envisager raisonnablement l'aventure. Alors direction le centre bourg... enfin, si on peut dire vu que la ville s'étale le long d'une longue rue d'1km5, la rue Bettencourt.
 Deux petites rues seulement lui sont parallèles. On se croirait dans un western, dit Gégé, et on s'attend chaque minute à voir John Wayne dégainer son colt !! On arpente la fameuse rue jusqu'à l'agence de location de voiture tout en haut du bourg. 50 euros, la journée pour une petite voiture, c'est assez cher mais au diable l'avarice ! Nous prenons note du contact pour en faire la proposition au reste du groupe, c'est-à-dire à notre pacha préféré et à l'équipage de Mora Mora. Nous redescendons à la marina pour retrouver l'équipe et aller prendre un pot sur la terrasse du bar du Clube Naval.
Nous y rencontrons Luis à qui nous demandons s'il est possible d'acheter du poisson en direct avec les pêcheurs. Il répond à peine mais revient 5 minutes plus tard avec un beau thon au bout de la main. Il refuse qu'on le paie mais accepte de partager notre table pour déguster un petit whisky.
C'est un personnage énigmatique, plutôt ténébreux qui répond le plus souvent c'est une longue histoire aux questions personnelles auxquelles le soumet notre Gégé inquisiteur pour Radio Potins !! Nous évitons une deuxième tournée et rentrons sagement sur nos bateaux respectifs. Demain, une grande journée découverte de l'île nous attend...

mardi 18 septembre 2012

Lundi 17 septembre 2012




A nous Santa-Maria! par François.
Fenêtre favorable pour se rapprocher de Madère, et profiter de la petite île de Santa-Maria, située à environ 55 milles au sud-est de São Miguel. Il faut dire que cette sorcière de Nadine joue avec les nerfs de tout le monde. Elle a dû se doper salement car elle va en tous sens et sans aucune logique! Les bulletins météo se suivent et se contredisent : du renforcement à l'effondrement, direction nord, puis est, puis demi-tour et, pourquoi pas, second tour de piste.
Donc aujourd'hui, fenêtre favorable à la nav. Départ aux aurores : 9H30.

14 nœuds nord : grand voile tout dessus et spi. Marie Joé demande à ce que je la photographie à l'envoi du spi dans des postures avantageuses ; ce qui est fait. Dommage que l'appareil soit aussitôt rangé car le bateau part au lof à cause de la grand voile trop bordée avant que Marie Joé n'ait pu quitter le pont avant. Les images auraient été moins favorables à la vedette, couchée complètement sur le dos, le visage nettement moins avenant.
Bon, le bateau est bien dans ses lignes. On file 8 à 10 nœuds. On devine déjà le mât des Suisses partis 3 heures avant nous et partis plein sud pour traîner au mieux leurs 14 tonnes, les voiles "en papillon", ce que nous appelons vulgairement en ciseaux. Je tairais un second départ au lof qui nous a fait voir la mer sous un autre angle. Le skipper avait peut-être prévu cette animation de crainte qu'on s'ennuie !
Bon repas du reste de poisson acheté au marché de Ponta Delgada. C'est la castle life !
Rien à dire d'autre jusqu'à ce que le spi ne se vrille ou encore ne fasse un beau soutien-gorge (pour les initiés) sous l'effet de vents tournants et irréguliers. Il faut affaler au mieux et mettre le génois.
Cap au sud pour longer la côte ouest et désertique de Santa-Maria panachée de nuages gris. Jean-Alain décide dans la foulée de démêler les 110 m² de spi dans le cockpit, avant d'aller danser une gigue sur l'avant pour envoyer le gennaker en remplacement du génois : tout ça  pour gagner 1 à 2 nœuds! Quand je pense qu'un moniteur de voile m'avait un jour dit que "la voile est un job de fainéants et il faut toujours penser à faire travailler les éléments à sa place"… Question aussi à ceux qui connaissent Jean-Alain "sait-il la fonction de la ligne de vie"? Expliquez lui alors car faudrait qu'il pense un peu aux équipiers qui se retrouveraient seuls à bord après avoir vainement tenté de le récupérer ou encore qui l'auraient vu se faire déchiqueter par un requin !
Donc, après une navigation somme toute assez banale, arrivée au port de Santa-Maria vers 18H30. Heureux de constater que j'ai plutôt bien résisté au mal de mer. Mes économies de déplacements y ont sans doute aidé ! Retrouvailles pour M-J et J-A avec Gérard et Martine et connaissance pour moi. 19H30, nuée de voileux sur Manu-Atea pour l'apéro. Des Français, des Canadiens, des Américains et les Suisses qui sont arrivés une heure après nous. Beau melting pot de personnes (et personnages) et croisement de projets et d'aventures.
Petit dodo vers 22H. Que va faire Nadine cette nuit?

lundi 17 septembre 2012

Dimanche 16 septembre

Départ... mais gare à Nadine !!..
Nadine nous a encore occupés une bonne partie de la matinée. Partir, pas partir, quand, pour où ??...
Et Nadine, où va-t-elle passée ? Elle change d'avis plusieurs fois par jour. Décision avait été prise de partir dimanche soir, d'où une visite programmée avec les autorités de la capitainerie pour une sortie. Mais, v'là ti pas que Nadine (il faut prononcer rjadine, injure arabe ! Et, elle le mérite bien, la sa...), qui semblait vouloir se dégonfler et éviter de nous rendre visite, a modifié une nouvelle fois sa route et se dirige droit sur nous !!.. 
Notre ami Jean-Paul file dare-dare sur Madère avec son bolide et nous, après moult vérifications y compris avec le gars de la marina (tous penchés au-dessus de la page Winguru ou Passage Weather), nous décidons de prendre un départ pour Santa Maria lundi matin. La suite ? On est bien incapables de vous dire de quoi elle sera faite, vu que c'est la grande incertitude grâce à Nadine qui nous tient en haleine ! Inchallah...
Donc après le déjeuner, et pas n'importe lequel, une belle côte de bœuf au barbecue (lotus bien sûr !) accompagnée de savoureuses pommes de terre amoureusement rissolées par nos deux chefs cuistots qui ne quittent pas l'espace cuisine.
Après-midi plus que pluvieuse, magnifiques averses, le temps idéal pour une petite balade en ville, proposent F et MJ. JA le Sage décline l'invitation et s'installe confortablement pour une longue sieste. F et MJ découvrent ainsi, complétement détrempés, le palais présidentiel. Les deux gardes à l'entrée du splendide jardin leur proposent aimablement de s'abriter à l'intérieur de leur bureau. Y est affiché le trombinoscope de l'actuel gouvernement. On peut y reconnaître le candidat de gauche aux prochaines élections du 14 octobre dont les affiches fleurissent sur l'archipel.
Apéro avec Christa et Pascal, des Genèvois, qui vivent à bord de leur bateau depuis plus de 14 ans et ont déjà fait le tour du monde. Échanges à bâtons rompus sur leurs escales, celles qu'ils ont aimés, leur projet (vendre leur plan Caroff pour acheter... une ferme en Andalousie !).
Les premiers arrivés à Santa Maria prévoient un apéro avec alcool cette fois (sages ce soir avant une nav). Ils ont déjà prévu que ce sera les Manu Atea, mais ils partent demain avant l'aube 5-6-7h du mat, nous, euh peut-être 9h !